samedi 11 septembre 2010

Update de bedaine

La dernière fois que j'ai parlé de ma grossesse, c'était pour jeter sur "papier" mes angoisses face à ce que les médecins me disaient, alors voici donc une mise à jour de ce qui se passe de ce côté.
  • Ma très charmante doc m'a conseillé d'appeler mon neurochirurgien pour lui dire que les spécialistes de ma région me font de grandes peurs... ce que je ne faisait pas car j'avais en tête que tu déranges pas ça, un médecin (allez savoir pourquoi). Elle m'a dit d'en beurrer épais avec la secrétaire du neuro, de dire que j'étais super loin, que je paniquais, que les spécialistes de la région me disaient n'importe quoi, bref de faire pitié. Ça a marché puisque dès sa sortie de la salle d'opération, il m'a rappelé... j'ai par contre la vague impression que je n'aurai pas eu a en dire autant pour avoir un appel. C'est alors qu'il m'a dit que les médecins de mon hôpital voulaient absolument qu'il leur dise qu'il y avait zéro pourcent de chance que j'aie des complications, ce qu'il ne pouvait évidement pas faire. "Écoute, y'a eu trois autres femmes dans le monde avec le même cas, c'est pas avec ça qu'on peut tirer des conclusions, mais moi je suis certain qu'il n'y aura pas de problème. Un coup que les médecins te font comprendre qu'ils ne veulent pas t'accoucher, ben laisse-les faire pis viens-t'en à Montréal, on va s'occuper de toi nous autres", qu'il m'a dit. Il m'a aussi dit que c'est positif une grossesse et que c'est con de s'en faire comme ça. Puis il m'a rassurée sur ma tête en me disant que ce qui faisait le plus peur aux médecins de ma région, c'est que je vive un changement de pression lors de la poussée ou lors de la piqure (péridurale ou rachi), mais que comme j'ai très peu de maux de tête, il ne croit pas qu'il y ait beaucoup de risques que ça se produise, et que si jamais une telle chose devait arriver, il me ferait une ponction (un trou dans la tête pour réduire la pression, sans laquelle les conséquences peuvent être désastreuses: coma, état végétatif et mort). Personne à notre hôpital n'a jamais fait de ponction crânienne; pire encore, personne n'a assisté à une telle manoeuvre, alors voilà un peu pourquoi ils paniquent. Quand je lui ai demandé quelles étaient les conséquences d'une ponction, il m'a répondu qu'il n'y en avait pas, qu'il devait en faire au moins une par semaine et que ce n'était pas pire que de se casser un bras... que ça se répare presque tout seul par la suite. Bref, il m'a soulagée, tellement que je me suis mise à pleurer avec toute cette pression qui se retirait de mes épaules. Il m'a aussi dit de l'avertir quand j'arriverais à Montréal, qu'il me rencontrerait alors pour réévaluer mon cas et voir toutes les options avec moi.
  • Ma gentille doc. m'a par la suite avoué qu'elle n'avait jamais eu peur pour moi, qu'elle comprenait ses collègues de "freaker" car un médecin ne veut jamais avoir la mort d'un patient sur la conscience et que s'il y avait le moindre risque, surtout dans une telle situation d'éloignement des grands centres spécialisés, ils préfèrent s'abstenir. Elle m'a aussi dit que si c'était elle qui était à ma place (même si elle n'a pas le droit de me dire ça) qu'elle irait accoucher à Montréal.
  • La gynécologue m'a finalement appelée cette semaine pour me dire qu'elle m'avait trouvé un gynéco. dans l'hôpital de mon neuro. qui acceptait d'essayer un AVAC avec moi. Il me demande seulement d'être à Montréal dès ma 36e semaine, ce qui donne dans la semaine du 10 octobre. Elle m'a aussi dit qu'elle voulait me revoir à 35 semaines pour s'assurer que le bébé ne se présente pas en siège et que j'aille à Montréal pour rien, c'est à dire pour avoir une césarienne de toute manière. Ce que je ne lui ai pas dit, c'est qu'advenant le cas je vais tout de même me rendre dans la métropole. Premièrement parce que 35 semaines c'est encore tôt pour dire que bébé ne se revirera pas encore et deuxièmement parce que même si c'est une césarienne, j'aime mieux avoir un neurochirurgien dans la bâtisse juste au cas. C'est ce qui arrive quand on fait de telles peurs aux gens!
  • Par contre, ce qu'il faut savoir avec un AVAC c'est que les médecins (du moins certains, dont celui qui va me suivre à Montréal) n'induisent pas, il faut donc que le travail se déclenche de lui-même. Ce nouveau gényco. me donne jusqu'à 41 semaines pour accoucher et encore là, si mon col est mou peut-être pourrait-il se montrer encore plus patient, ce qui est semble-t-il très bon. J'ai donc décidé que dès la 39e semaine, je ferai appel à un acupuncteur si la nature ne veut pas faire sa job. Bref, je vais mettre toutes les chances de mon côté!
  • J'ai finalement discuté avec la fille qui avait vécu un accouchement sous hypnose (et même deux depuis) que mon médecin m'avait recommandée. Elle était bien gentille, mais avec 4 enfants sur les bras et mon restant d'insécurité j'ai finalement décidé de suivre la formation hypno-vie qui se donne dès la semaine prochaine. J'espère seulement que ce ne sera pas de l'argent (beaucoup d'argent...) jeté par les fenêtres avec un accouchement qui va se solder en césarienne planifiée, mais c'est le risque que j'ai choisi de prendre. Je vais aussi suivre une formation sur les points de pression et le massage pendant le travail (en fait c'est mon chum qui va suivre ce cours, mais je vais aussi y assister), comme ça je vais mettre toutes les chances de mon bord afin d'éviter les piqures dans la colonnes qui me foutent encore un peu la chienne.
  • L'employeur de Péha lui a dit que le plus simple au niveau des assurances, s'il voulait quitter pendant un mois pour me suivre, serait de demander un arrêt de travail à mon médecin. D'invoquer le stress qu'une telle séparation aurait sur lui et blablabla. Semblerait que ça s'est déjà fait dans des cas de cancer où les traitements d'une conjointe d'employé se donnaient à l'extérieur de la région. Je vois mon médecin lundi, je vais lui en parler, mais je serais étonnée qu'elle me dise non... et si c'est le cas, je suis déjà préparée car ma gynéco. m'a dit qu'en dernier recours, elle le signerait cet arrêt de travail, ce qui me fait bien rire... une gynécologue qui arrête un homme de travailler pour dépression, ce serait probablement une première mondiale.
  • Ce qui est bien, aussi, c'est que ma maman est elle aussi en arrêt de travail. Elle va donc venir à Montréal avec nous pour s'occuper de B. le moment venu... un stress de moins pour nous.
  • Nous en sommes donc rendus aux préparatifs de notre périple montréalais. J'ai trouvé quelqu'un (mon père) pour s'occuper de mon chien pendant notre absence, une autre (ma cousine) pour venir arroser mes plantes, il ne reste qu'à demander au frère de mon chum de venir nourrir les chattes et ramasser notre courrier deux ou trois fois par semaine et le tout sera tigidou!
Voilà, maintenant que le stress est redescendu; je peux vivre ma grossesse, du moins le bout qu'il me reste, dans le calme, me flatter le bedaine, lui parler et imaginer ce que sera notre vie à quatre. Faire ce que toute matrice devrait faire quand elle porte la vie, quoi!

Ce qui est bien dans cette histoire, c'est que même dans l'adversité j'ai pu voir que mon chum était solide, jamais il n'a montré le moindre signe d'inquiétude (ce qui m'a aussi royalement tapé sur les nerfs, mais ça c'est une toute autre histoire), que j'ai découvert que je pouvais moi aussi être forte, que j'arrivais facilement à canaliser mes énergies sur autre chose, entre autre sur ce petit Alien qui me pétrit les entrailles à coups de pieds et de poings. Et, cerise sur le sundae, que j'étais entourée de bonnes amies qui ont su m'écouter, s'inquiéter pour moi, me laisser évacuer mon trop plein sans rien demander en retour et me prodiguer de valeureux conseils... des amies qui parfois ne sont que des amies virtuelles, mais qui sont tout aussi précieuses. C'est aussi ça le bonheur de bloguer! Merci!

3 commentaires:

Élisou a dit...

Ce sont tellement de bonnes nouvelles, je suis si contente pour toi. Tout est bien organisé pour que tu puisses ENFIN respirer et profiter des derniers milles. Bon restant de couvaison. Si tu as besoin de petits trucs et astuces d'accouchement naturel, appelle-moi : )

La Belle a dit...

Je suis soulagé de lire que tu as pu discuter avec d'autres professionnels et qu'ils t'ont donné l'heure juste afin que tu puisses faire tes propres choix.

Je te souhaite une belle fin de grossesse et surtout, un bel accouchement comme tu le souhaites :-)

Ysa_la_tite_mere a dit...

Moyennes péripéties quand même!!
Que tout aille pour le mieux!!

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