vendredi 6 août 2010

mes tripes su'a table! ou le paradis des parenthèses

Le titre dit tout! J'écris peu parce qu'en ce moment j'ai l'âme à plat. J'écris peu parce que j'aime pas trop lire les textes tristounets des gens, parce que j'ai pas envie de me faire prendre en pitié, parce que... parce que c'est pas le fun, bon! Mais ça n'empêche pas que c'est comme ça que je me sens en ce moment. À vrai dire, je "badtrippe ben raide"! Depuis un peu plus de deux semaines, suite à ma rencontre avec l'anesthésiste et la gynéco, je suis pas mal à plat. Je réfléchis, discute de tout ça avec mon chéri, pleure, angoisse, essaie de me changer les idées et déprime un peu. Alors histoire de faire sortir le méchant, voici ce qui se trame dans ma tite-tête (sans jeu de mots).

Et oui, je vais encore parler de ma grossesse à risque, que voulez-vous, c'est ce qui occupe mon temps et mes pensées le plus par les temps qui courent! Normalement, quand on parle de grossesse à risque, c'est le bébé qui est en danger, mais dans mon cas, c'est moi! Suite à plusieurs recherches, les docs n'ont trouvé que trois cas de femmes enceintes avec les mêmes conditions que les miennes dans toute la littérature médicale (si vous êtes fort en maths, vous avez compris que je suis la quatrième!!!). Je devrais songer à me payer un abonnement à la 6/49! Les trois cas ont été césarienisés (césarienne planifiée même), surtout parce que les docs avaient peur de ce qui pouvait se produire dans la tête de ces dames. Yé (sarcastique celui-là)!

Finalement, après plusieurs analyses, on m'annonce que mon hôpital (voire ma région, voire le Québec presqu'en entier) n'est pas équipé pour m'accoucher, que si je veux donner naissance à mon enfant dans ma ville, ce sera une césarienne planifiée (quoiqu'ils sont flexibles sur ce point, mais me disent qu'en planifiant on est certains que ce sera le jour et que les chirurgiens seront au top de leur forme mentale... Rassurant tout ça!) avec rachi (anathésie locale qui ne dure qu'une heure, à l'opposée d'une péridurale qui peut agir tout le long du travail). Pourquoi? Parce que l'aiguille de la rachi est la plus petite. Plus grosse est l'aiguille, plus élevés sont les risques. Accoucher naturellement n'est pas un choix ici, car s'il y a complication, ils ne peuvent pas m'endormir - trop risqué, trop de pression intracranienne - et que le spécialiste le plus proche est à entre de 2 à 15 heures d'avion de moi.

Je vous épargne les détails, parce que c'est digne d'un film d'horreur, mais en gros, ils ont peur de mon cerveau se liquéfie (plus ou moins vrai, mais c'est l'image qui me reste après leur charabia médical), que je vire légume et crève sur place (ça c'est une des possibilité qui leur fout la chienne). Bref, l'accouchement dont tout le monde rêve!

En attendant, ma gynéco cherche un autre gynéco qui travaille dans le même hôpital que mon neuro et qui voudra bien m'accoucher. Si jamais elle en trouve un, je vais devoir partir de 2 à 3 semaines avant ma date d'accouchement pour aller donner naissance à un ou une montréalais(e)! Hourra! Si jamais elle en trouve un, j'ai un plan en tête: je vais aller suivre la formation (très coûteuse) d'hypno-vie (accouchement sous auto-hypnose), revoir la méthode Bonapace (méthode de gestion de la douleur) et m'organiser avec le gynéco pour ne pas pousser (ça aussi c'est risqué) et faire descendre le bébé à coup de bonnes respirations (ma doc dit avoir des trucs pour ça, je pense même téléphoner à une sage-femme pour avoir des conseils sur le sujet, on sait jamais, elle aura peut-être des idées), parce qu'il n'est pas question qu'on me pique dans le dos, même avec mon neuro qui me tient la main, juste l'idée que mon cerveau pourrait... me fout la trouille.

Pourtant, d'ici là, ça paraît peut-être pas avec ce récit que j'ai essayé de rendre un peu plus léger que moi (dans tous les sens), je freak! Je me dis que je ne verrai jamais cet enfant, que je regrette de ne pas avoir demandé le sexe pour au moins le savoir avant de mourir et pouvoir dire à Péha comment je voudrais qu'il le ou la nomme. Je me dis que B. devra apprendre à être grand-frère sans moi. Que c'était une foutue idée de con que de vouloir un deuxième enfant tout de suite... et aussitôt, je capote à l'idée que je pourrais carencer in utero cet enfant avec toutes mes idées si négatives. Bref, je panique (à un point tel que ma doc commence à se dire qu'il faudrait peut-être me médicamenter, et qu'elle veut me voir au deux semaines pour assurer un suivi plus étroit). Voilà, je broie du noir et telle une belle conne, je n'arrive pas à en parler à mes proches, alors je l'écris dans l'espoir que ça me fasse du bien, dans l'espoir que toutes mes peurs se retrouvent sur "papier" et me laissent tranquille, dans l'espoir que quelqu'un comprenne! Voilà, mes tripes sont devant vous!

7 commentaires:

La Belle a dit...

Je sens que tu es très angoissée et déprimée par tout ce qu'il t'arrive et c'est normale à mon avis. Je crois que tu as droit de vivre et ressentir ce que tu ressens. En te lisant, je comprends ta réaction avec tout ce que ta grossesse et l'accouchement futur implique...

Tu me corrigeras si je me trompe, mais je crois comprendre que tu préfères accoucher naturellement plutôt que d'avoir une césarienne.

Si tu m'as suivi pour la grossesse de ma fille (ma 2ième) j'avais tout tenté pour l'accoucher le plus naturellement possible. Et finalement, bébé étant en siège, j'ai eu une césarienne qui s'est finalement bien déroulé et dont je ne regrette pas puisqu'ils ont découvert qu'elle avait 2 tours de cordon autour de son cou donc un accouchement naturelle aurait été assez problématique.

J'avais peur de la césarienne, de l'inconnu, bref de l'opération en tant que tel. J'ai eu une rachi et ça s'est bien passé. J'avais eu une péridurale à l'accouchement de petit Ange car je ne supportais pas les contractions provoqués par la médication (picotin je crois) vers la fin du travail. À mes souvenirs, la rachi a été mieux.

Je ne veux pas que tu penses que j'essaie d'influencer ton choix. Ce n'est vraiment pas mon intention. J'essaie simplement de te montrer que parfois la vie nous présente des chemins que nous voudrions éviter, mais dont l'issu au bout est le même.

J'espère que d'écrire ceci t'a fait un grand bien. Sache que si tu as des questions n'hésite pas :-)

Mynaï a dit...

Oh... Wï...
Je suis si triste de te lire aujourd'hui. Et surtout RIEN à y voir avec de la pitié. C'est triste de voir une copine (même «juste» virtuelle) balancée dans le vide avec autant d'incertitude. Tout cela semble t'affecter à un tel degré... Je n'ai rien de vraiment intelligent à répondre, si ce n'est que, mince consolation, tu semble être entre bonnes mains.

Côté accouchement naturel, tu sembles y tenir encore beaucoup... Et ça semble être un gros bout du morceau, on? Une connaissance à moi a réussi un bel AVAC avec sa sage-femme il y a quelques jours... Un beau bébé de 4 kg après 10 heures de travail. Rien n'est impossible. Mais chaque femme est différente... Et pour la poussée physiologique ce n'est pas que théorique. Personnellement je l'ai expérimentée... ma fille est née sans que j'aie besoin de contribuer (en poussant s'entend!). C'est arrivé par surprise dans mon cas, mais apparemment ça ferait partie du cycle normal de la naissance si on laisse le temps d'en arriver là. Ysa m'avait fourni de très bonnes infos sur le sujet avant mon accouchement je vais essayer de les retrouver. Sinon peut-être qu'elle a encore le lien du document... Ça c'est pour le côté «naturel».

Tu sais que je suis la première à me révolter contre la trop grande médicalisation des grossesses et des accouchements. Je suis la première à revendiquer le 100% naturel dans la mesure du possible... Mais ce que je pense aussi c'est que la médicalisation est parfois innévitable ou presque. Elle est là, la place de la médecine, lorsqu'une pathologie, qu'elle soit en lien direct avec la grossesse ou pas vient poser un risque pour la santé de la mère ou de l'enfant. Parfois vaut peut-être mieux se remettre entre les mains de professionnels compétants. Si je comprends bien, la césarienne planifiée avec rachi sont, après l'accouchement naturel (incluant la poussée physiologique) sans anicroche, la solution qui présente le moins de risque? Est-ce alors «seulement» le deuil de l'accouchement naturel? (Et j'ose à peine imaginer à quel point ce deuil doit être difficile pour toi...)Peut-être que la sécurité doit primer dans tous ça... je ne sais pas... tellement pas...

Ça doit être tellement difficile d'y voir clair quand les risques sont biens réels, que l'angoisse prend plus de place et que personne n'arrive à apporter assez de rationnel et de faits sûrs pour la calmer...

Repose toi prends, soin de toi, ne soit pas si sévère. Et je ne m'en fais pas trop pour les carences affectives in-utero de l'écrevisse; ce qui transparaît aussi dans ta crainte c'est l'amour que tu as pour son grand frère et lui...

Je m'excuse de t'avoir écris un roman sans vraiment rien ajouter de vraiment intelligent...

Câlin
xx

JulieJulie a dit...

Je n'ai rien d'intelligent à dire. Je voulais par contre te dire que lorsque l'on passe un moment rempli de stress et que l'écriture nous fait du bien, il faut en abuser. Si tu ressens une retenue face à le faire ici, fais-le ailleurs anonymement ou encore fais le sur papier. L'important est de ne pas garder tout ce stress pour toi seule sans essayer de le vidanger. Il ne partira peut-être pas entièrement, mais au moins ça sera un petit peu du morceau qui sortira.

Puis, on est jamais obligé de lire quelqu'un sur le web, si ça nous convient pas ce qu'il dit, on n'a qu'à passer notre chemin. Mais une chose certaine, le réconfort de quelques commentaires aident à passer au travers de nos épreuves.

Je te souhaite sincèrement que la vie t'amène vers un accouchement le plus simple possible et le moins dangereux pour toi.

Élisou a dit...

Ma chère amie, que d'angoisse en effet. Je suis sans le mot, un peu comme toutes celles qui t'ont répondu. Ce que je peux te dire par exemple, c'est par rapport au stress qui contamine le bébé. Les trois derniers mois de ma grossesse, j'ai vécu un stress de type 9/10 sur l'échelle du pas endurable. Je culpabilisais tellement de faire vivre cela à mon bébé, j'étais certaine que j'en ferais un bébé névrosé, hypothéqué.
Tu connais Babou, je pense qu'on s'en est bien sorti. C'est même écrit dans le Québec Science de ce mois-ci, le cortisol (hormone du stress) est transmis au bébé, mais ça ne le rend pas dingue du moment où son arrivée dans le monde est remplie de bonne tendresse et de bisous.
Et tu vas le voir, ce beau bébé. Tu te renseignes à fond sur toutes les options, tu extériorises tes peurs. Tu vas choisir ce qui te rend le plus à l'aise, ce qui te sécurise le plus. Et peut-être même que la vie décidera pour toi. Parfois on se casse la tête pour trouver le meilleur scénario et finalement, les circonstances font qu'il se passe tout autre chose.
Merci de partager avec nous, on est là pour ça hein? Tiens moi au courant xxx

a dit...

J'ai mis du temps avant de vous répondre, surtout par besoin d'éloignement, disons que je vis un peu mal avec l'idée que tout ça soit publique... surtout que je sais que ma famille regarde ce qu'il y a sur ce blog, mais qu'en même temps ça fait tellement de bien de l'avoir laissé sortir. Chaque commentaire m'a beaucoup touché, parfois ému. C'est quand même beau la solidarité virtuelle!

Pour répondre à quelques unes, je n'ai pas (normalement) peur de la césarienne puisque B. est né de cette façon, quoique ce n'est pas l'idée que je me fais d'une naissance en beauté. Dans mon cas j'ai peur de la péridurale et un peu de la rachi puisque c'est ce qui peut être dangereux dans mon cas, car mon kyste est relié aux liquides qui se trouvent dans la colonne vertébrale et qu'une anathésie complète est encore plus dangereuse car elle augmente la pression crânienne (de plus voir mon enfant qu'une heure après qu'il soit né ne me plait pas du tout). C'est certain que j'aimerais vivre un AVAC car après deux césariennes rares sont les hôpitaux qui permettent l'accouchement vaginal. J'aimerais connaître les douleurs, les contractions, la perte des eaux, la poussée et l'expulsion et cette sensation de puissance, par contre, ce n'est pas une fin en soi, j'aime encore mieux avoir un petit bébé en santé et une maman aussi. J'aime pas non plus l'idée d'aller donner naissance à Montréal, à 500km des miens, mais ça je vis bien avec, au pire je pourrais me moquer de cet enfant plus tard en le traitant de vrai montréalais Mouahaha! C'est plus l'inconnu et l'incertitude qui me foutent la trouille, quand des médecins spécialistes ne veulent pas te laisser accoucher par peur, disons que c'est loin d'être rassurant. Pour l'instant j'attends, j'attends de savoir si un gényco voudra de mon cas à Mtl ou si c'est une césarienne assurée. J'essaye de ne pas me faire d'idée, de ne rien lire, rien planifier sur l'accouchement tant que je n'aurai pas de réponse histoire de ne pas avoir de déception.

En gros, MERCI pour les gentils mots, c'est réconfortant et si doux!

La Belle a dit...

Je suis contente de te lire... Je revenais régulièrement te lire pour savoir si tu avais poursuivi ta réflexion.

J'aime ton attitude qui ne doit pas être facile à garder dans de telles circonstances, mais ne pas de faire d'idée et attendre, c'est très bien :-D En attendant, profite bien de chaque journée !

Véro a dit...

J'arrive aux nouvelles terriblement en retard, mille excuses...

Ça ne doit pas être facile d'en parler tout haut, mais tu fais bien de te libérer par l'écriture. Ne garde pas tout ça en dedans.

Mynaï résume bien mes pensées (comme toujours). Si l'accouchement naturel est envisagé, n'hésite pas à contacter une sage-femme pour discuter de la poussée physiologique. Assure-toi que tu pourras accoucher dans la position de ton choix, que tu auras accès à un bain, même à un banc de naissance (ça m'a tellement été utile)...

Prends soin de toi et donne-nous d'autres nouvelles. Je repasserai plus régulièrement...!

Je pense à toi et que je te serre très fort dans mes bras -xx-

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