samedi 5 juillet 2008

15 mois

Cher Ti-Bobo,

Tu as désormais 15 mois. Que les choses vont à vive allure! Ce dernier mois s'est déroulé si vite, que je ne sais plus trop ce que tu as fait de nouveau. Comme je suis avec toi au quotidien, j'oublie parfois que tu es en constante évolution.

Pourtant, ce dernier mois aura été celui où tu t'es découvert des talents de grimpeurs, escaladant la table du salon, les sofas et quelques chaises et me faisant vivre de fortes émotions du même coup. Tu auras aussi eu le bonheur de découvrir les marches d'escalier, et depuis tu peaufines ta technique en les gravissant debout, de côté, de reculons ou sur les genoux. Tu aimes tellement ça monter partout que je crains le jour où tu seras assez grand pour grimper sur une chaise de cuisine ou traverser la barrière. Pour l'instant, je n'ai qu'à bien te surveiller.

Pour la première fois ce mois-ci, tes pieds ont foulé le gazon. Sans bas ni chaussures, tu n'as pas du tout apprécié cette nouvelle sensation, à ma grande surprise d'ailleurs. Lors de la Fête des voisins, nous avons retiré tes sandales et tu ne voulais plus poser le pied au sol. Un peu sadiquement, nous avons bien pris plaisir à t'observer pendant que tu cherchais un coin de plancher, perché sur une patte tel un flamand rose. Je conviens que ta petite peau douce devait être grandement chatouillée par ces brins d'herbe et que ce devait même t'être un peu inconfortable. Pourtant, la plante de tes pieds s'est habituée et maintenant tu sembles mieux apprécier cette douce sensation. Tu verras bien, lors de tes prochains été, que marcher pieds nus dans l'herbe peut procurer un grand bonheur.


Encore une fois, tu nous auras prouvé que la bonne humeur est un trait marquant de ta personnalité. Tu as passé le mois à faire le pitre à chaque fois que l'occasion s'y prêtait. Soit pour imiter les niaiseries de papa (te mettre un bouchon dans la bouche et le cracher le plus loin possible, te donner des coups de chaudron ou de plats de plastique, et bien d'autres) ou tout simplement pour faire rire les gens. Plus le monde autour de toi rigole, plus tu sembles heureux. Ce qui fait que je te répète souvent que tu es mon beau bébé bonheur. Tu aimes aussi nous faire plaisir, ce qui fait que dès qu'on te demande un bisou, tu accoures vers nous la bouche toute grande ouverte et répète l'expérience abondamment, alternant entre tes deux parents. De plus en plus, tu envoies aussi des baisers volés lorsqu'on part ou lorsque quelqu'un nous quitte. Ta bonne humeur n'aura même pas été gâchée par tes trois jours de fièvre ou la poussée d'une nouvelle prémolaire, qui porte le nombre de tes dents à 10. Bien au contraire!


Au chapitre de tes pitreries, tu as commencé à te déguiser lors du dernier mois, empruntant mes foulards et te les mettant sur la tête. Lorsque tu t'accoutres ainsi, tu te dandines partout dans la maison en nous gratifiant de ta plus belle face de pet. Tu aimes réellement te travestir en clown!


À force d'essais, tu as à ton plus grand bonheur trouvé une façon de te nourrir plus rapidement: tu me soulèves le chandail. Ce qui crée parfois des situations cocasses, mais qui nous prouve aussi qu'à force d'entêtement, tu es capable de faire preuve d'ingéniosité et d'arriver à tes fins.


Finalement, tu nous auras encore prouvé qu'au chapitre des intelligences multiples de Gardner, ta prédominance est définitivement au niveau de l'intelligence musicale-rythmique. Tu as, au cours des dernières semaines, développé de nouvelles techniques de danse et élaboré de nouveaux "moves". C'est immanquable, chaque fois qu'il y a de la musique tu te mets à danser, chanter, taper des mains et depuis quelques temps tu essayes de claquer des doigts comme le font tes parents. Lors de la générale du spectacle de la St-Jean avant tout le monde, tu as été fasciné par Chantal, t'approchant de la scène et tapant des mains tout au long de sa répétition, ce qui lui a beaucoup plu. Tu as aussi réussi à déranger ton père pendant qu'il faisait un conte, en imitant haut et fort les bruits qu'il faisait et en lui répondant, ce qui n'a pas manqué de faire rire la foule donc de t'encourager à continuer. Lors d'une autre soirée où Péha a été invité à conter, tu as été fasciné par le son de ta voix dans le mirco et les moniteurs de sons, retardant même le début de prestation de ton paternel.


Puis, lors d'une fête western tenue en l'honeur de ton arrière-grand-mère, tu t'en es donné à coeur joie en te brassant le popotin, en chantant, en tapochant sur la caisse claire et en grattant les cordes des guitares et des banjos.


Encore une fois, c'est un réel plaisir de te voir grandir, d'avoir la chance de te côtoyer et de passer de précieux moments avec toi. Voir la vie à travers tes yeux la rend encore plus fantastique. Tu m'émerveilles encore plus de jour en jour, ton développement se déroulant si naturellement que je ne peut qu'avoir hâte au mois prochain.

Joyeux moisniversaire!

Je t'aime mon beau trésor
Maman xx

vendredi 4 juillet 2008

Small talk

Individu parmi tant d'autres: Salut ça va?

: Ouais. Toi?
Individu, qui essaye d'avoir une conversation: Ça va. Qu'est-ce que tu fais de bon de ces temps-ci?
: Bof, pas grand chose.
Individu, qui tente le tout pour le tout: Comment va ta famille?
: Bien, j'imagine!
Individu, qui ne sait plus où se mettre: Y fait pas trop beau de ce temps-là!
Wï: Eh. 
Individu, tout simplement perdu: ...
: ...

J'ai réellement aucun tallent pour le "small talk", aucun intérêt non plus. J'aime pas parler de tout et de rien avec tout le monde. Je trouve ça plate les conversations de politesse et j'y participe le moins possible. Ce qui fait dire à mon chum que j'ai souvent l'air bête, que je suis fermée et que les gens ne savent pas comment m'aborder. Que je suis une huître qui se referme et qui empêche le monde d'admirer sa perle... Moi je me dis que si les huîtres se ferment, c'est pour se protéger ou se cacher. En réalité, je m'en fout un peu, parce que tant qu'à parler de rien, j'aime mieux rien dire. Mettons que je ferais pas une bonne coiffeuse, (en plus je coupe les cheveux tout croche, mais ça c'est une toute autre histoire qu'il faudrait que Péha vous raconte), ni une bonne esthéticienne,  ou massothérapeute ...

Pourtant, J'ADORE parler avec les gens, même ceux que je ne connais pas vraiment, mais il me faut un minimum de sujets de conversation. Voilà pourquoi je ne suis pas très très jasante lorsque que je rencontre une nouvelle personne, ou une personne que je vois rarement. J'ai rien à leur dire et je ne suis pas vraiment intéressée à connaître les aléas de leur quotidien. J'ai bien assez du mien! Je sais par contre qu'il est ici question de politesse, de courtoisie et de gentillesse, voilà pourquoi je me force et je participe à mon tour à certaines de ces conversations, qui me semblent trop souvent insipides, mais je ne m'y plais nullement. Tant pis si on me traite de sauvage, je m'assume pleinement.

Par contre, si vous voulez me raconter votre voyage, votre vie, votre enfance, me parler de politique, de littérature, de développement, de mondialisation, de société, d'histoire, etc., je serai toujours partante, mais la pluie et le gazon, non merci. 

jeudi 3 juillet 2008

La lutte aux microbes

B. a fait de la fièvre de lundi à hier soir. Donc depuis le début de la semaine, je l'allaite près de 14 heures sur 24, ce qui est un peu accaparant. Comme le lait maternel contient d'excellents anticorps, l'allaitement était donc tout indiqué pour faire baisser la fièvre de fiston. Le fait de l'allaiter me permet aussi de le coller, de la cajoler et ainsi de le rassurer en lui transmettant chaleur et amour. Et puis, lorsqu'il a la bouche pleine, il ne pleure pas!


Ces attaques répétées de chaud liquide nous auront permis de vaincre le méchant virus. On se serait cru dans un épisode d'Il était un fois la vie, où les microbes se font attaquer par une armée de sentinelles-anticorps. C'est tellement simple que je me demande comment font les mères qui n'allaitent pas (ou plus). J'imagine qu'il faut beaucoup plus d'imagination et de patience. Bravo à elles, parce que moi, je sais vraiment pas si je pourrais y arriver...


mercredi 2 juillet 2008

Mercredi sans mots - Quatre générations Hiya!


Pour d'autres Mercredis sans mots, cliquez ici.

mardi 1 juillet 2008

Un nouveau départ

En mai dernier, je m'étais donné comme défi d'écrire un texte à chaque jour, défi que j'ai quand même réussi. Depuis que cette "épreuve" est terminée, je n'écris plus aussi souvent. Comme l'écriture est un bon exécutoire et un merveilleux moyen de se pencher sur soi, et comme je suis en vacances (pour encore un mois et demi), je me suis dit que je pourrais relever le défi encore une fois, en juillet cette fois.


Sans défi, il me manque la pression qui me pousse à m'asseoir devant mon ordinateur tous les jours afin d'y poser ma griffe, d'y consigner mes pensées et états d'âme.

C'est donc reparti pour un mois de bloguage continu... ou du moins ce que je réussirai à faire.

samedi 28 juin 2008

Sexy Mama

Il m'est désormais impossible de me promener nue dans la maison sans exciter... fiston! Ouais, euh... bon... Que voilà une affirmation lourde de conséquences (et qui entraînera probablement son lot de clicks pervers)!

Bien évidement, ce n'est pas parce que les hormones de B. sont titillées à la vue de mon corps (contrairement à celles de son papa...). Sauf qu'à chaque fois qu'il me voit en tenue d'Ève, il s'en vient me rejoindre en courant, en criant "Mimimimimamanmimi!", la bouche grande ouverte, les baguettes en l'air et le regard enflammé. Le matin, au réveil, il se garoche corps et âme sur le plus petit bout de sein qui dépasse, se promenant allègrement de l'un à l'autre, et finalement, lorsque je me décide à me lever et à m'habiller, il me pique quasi-systématiquement une crise du tonnerre. Moi qui était si fière de dire que mon fils n'avait pas besoin de suce pour dormir, je dois préciser qu'il dort maintenant avec 2 suces, avec lesquelles il jongle habilement jour et nuit.


À plusieurs reprises pendant la journée, il tente de me relever le chandail et de me tasser la brassière, au début en rigolant puis en s'impatientant un peu, et quand il réussit cet exercice de doigté, il engouffre automatiquement mon mamelon dans sa bouche, sa si jolie petite bouche qui se transforme en redoutable siphon d'un entêté tétard de tétons!

C'est pas mêlant, à ses yeux, je semble aussi merveilleuse que le plus gros des sundaes au chocolat, avec deux cerises sur le top! Ce qui me fait fondre à chaque fois...

Il grandit le petit bonhomme. Il nous montre de plus en plus ce qu'il veut, et s'organise pour l'obtenir. Un pas de plus vers la maturité... j'espère juste ne pas avoir à lui expliquer que c'est pas comme ça qu'on agit avec les filles!!!

vendredi 27 juin 2008

Un peu comme chez Hansel et Gretel

Dans mon village il y a une vieille sorcière qui n'aime pas les enfants, comme toutes les sorcières d'ailleurs. Elle n'est pas vraiment hideuse, ce qui fait que les enfants ne la craignent pas, ce qui n'est pas un vrai problème puisqu'elle n'est pas dangereuse. En fait, elle n'est pas comme les sorcières des contes, c'est juste qu'elle n'aime pas les enfants. 


Lorsqu'elle en voit un, elle le trouve généralement insignifiant et inintéressant. Elle ne s'en occupe pas, ne lui adresse pas la parole et fait comme s'il n'existait pas. C'est pas qu'elle trouve qu'ils puent, c'est juste qu'elle les trouve plate. Plus il sont petits, plus ils sont ennuyeux. Elle ne s'est jamais penchée sur un nourrisson pour dire qu'elle le trouvait joli, pour le cajoler ou le prendre dans ses bras. Généralement, lorqu'elle en voit un, elle se concentre sur ses parents et oublie sa présence. De toute façon, il y a toujours quelqu'un de disponible pour s'occuper du bébé. Par contre, je suis certaine que si celui-ci pleurait, qu'il était en danger ou avait besoin d'aide, elle lui tendrait la main sans même se poser de question. 

Dans les films de mon enfance, les sorcières étaient toujours vieilles, mais celle dont je vous parle n'a toujours pas de cheveux gris ni de rides et est loin d'avoir sa carte de l'âge d'or. Voilà pourquoi aux yeux de plusieurs, elle n'a pas trop l'air d'une sorcière. Son âge est maintenant devenu un de ses grands tourments: c'est à cet âge que ses amies commencent à avoir des enfants, ce qui fait qu'elle doit en côtoyer de plus en plus. Ainsi, malgré qu'elle les fréquente de plus près, elle ne leur trouve que des failles (ils morvent, parlent de choses insipides, font des erreurs de syntaxe, crient, hurlent, se chamaillent et pleurent... l'horreur!). En contrepartie, elle a un peu plus le tour avec eux, même que généralement, ils l'aiment bien, mais elle est incurable: elle n'aime toujours pas les enfants.

Il y a quelques années un paradoxe s'est produit: elle a soudainement eu l'envie d'avoir un enfant, et en a eu un. Malgré la venue de ce petit être dans sa vie, elle n'aime toujours pas plus les enfants... enfin, ceux des autres. N'ayez crainte, elle s'occupe bien de son bambin, elle en prend soin et il semble heureux. De loin, elle semble être une bonne mère, aimante et en confiance dans son rôle de maman. Heureuse de cette nouvelle aventure, on aurait pu croire qu'elle aurait appris à aimer les autres jeunes. Pourtant, c'est le contraire qui s'est produit: voyant toutes les merveilles que sa progéniture accomplit, elle trouve d'autant plus que les autres ne valent pas qu'elle leur accorde trop d'attention. Au milieu des "gouzigouzis" de son bébé, elle s'emmerde des vraies paroles "plates" des autres enfants. 

Parfois je l'observe avec son mousse et je me dis que ce dernier est bien chanceux d'avoir réussi à capter toute son attention, mais je m'aperçois aussi que lorsqu'il y a d'autres adultes pour se pâmer sur lui, elle les laisse faire et en profite pour discuter. Elle semble même oublier qu'elle est maman et laisse son enfant aux bon soins des autres... pour quelques instants. 

Décidément, je crois que même la maternité ne viendra pas à bout de son aversion pour les enfants, du moins ceux des autres. Honteusement, je dois maintenant vous avouer que la sorcière de mon village... eh bien... c'est moi!