samedi 29 septembre 2007

Le Canada (1re partie)

"Mon Pays, ce n'est pas un pays, c'est un concept"
Adaptation de Vigneault

"Le Canada-ha-ha hahahaha
Quessé qu'c'est ça-ha-ha hahahaha"
Marcel Sabourin

En général, les gens des autres provinces regardent les québécois avec une sorte de fascination: pour eux, on vit dans un univers parallèle, dans lequel l'immense fierté d'être canadien n'est pas immanente. (Un exemple de cette fierté? dans la librairie Chapter's du centre-ville d'Ottawa, cette phrase: "The World Needs More Canada". Wôaaaaaa... Bono, chanteur d'U2 l'a dite, Joe Clark lui-même a tenu une conférence sur ce thème il y une semaine... Bien sûr, ce ne sont pas tous les canadiens qui sont d'accord avec ça, mais ce discours existe, et trouve écho dans les médias et chez certains leaders...).

J'ai de la difficulté à me sentir Canadien. En fait, ça m'arrive rarement, seulement quand je me dis "au moins je ne suis pas américain"... En fait, la seule façon que j'ai de parfois avoir un morceau de sentiment de Canada qui vibre en moi, c'est en me tournant vers le passé, et en voyant que le Québec a participé à ce pays, qui tient son identité d'un texte de loi (tout pour s'exciter le patriotisme...), des tas de morts lors des guerres mondiales, la soumission à une guignole qu'on appelle la reine et toutes sortes de valeurs qu'on essaie de faire vivre à travers une propagande naïve et bon enfant plutôt que par des expériences de vie. Et même à ça, l'histoire multiplie les exemples de situations où les québécois et les francophones ont été bafoués, où des p'tits nobles s'en sont mis plein les poches...

En fait, le projet origial ayant mené à la création du Canada était intéressant (une sorte de coop de provinces, pour bénéficier de prix de gros et se défendre en gang, etc.). Le problème, c'est que les provinces semblent vivre en vase clos les unes par rapport aux autres... Mais c'est un peu moins vrai dans les régions frontière, je l'avoue. Ainsi, ici l'Ontario est très présente, comme si on vivait dans une sorte de zone grise, un enchevêtrement, partiel cependant. Car il y a un mélange des deux provinces, mais il n'est pas complet. Il se vit à l'échelle des individus, qui ont des intérêts des deux côtés de la frontière (qui le travail, qui les loisirs, qui le lieu de résidence, qui les lieux de consommation...), mais moins, me semble-t-il, à l'échelle des communautés. Bon je sais, même chez nous en Abitibi-Témiscamingue, les villes ont de la difficulté à travailler en symbiose même si la petite taille de la population et le bon sens l'imposent... je suis peut-être utopiste, mais je continue à espérer qu'un jour ce type de collaboration ira de soi, que les gens utiliseront une large part de leur temps à s'entraider et à trouver des moyens de constament améliorer cette entraide, en se respectant les uns les autres dans leur intégrité personnelle, dans leurs besoins, leurs intérêts, leurs aspirations... si les provinces faisaient cela au Canada, ce serait une belle patente... même chose pour les Nations unies... Mais bon...

Ci-bas, des photos d'un de nos périples au Canada, plus précisément au siège du gouvernement, qui est supposé symboliser la somme de tous les CanadienNEs mais qui est secret et mieux gardé qu'un aéroport. N'empêche, c'est joli.




Traduction

Déménagement oblige, nous sommes allés une multitude de fois chez Canadian Tire. Dans les dédalles des allées du "pneu patriotique", je suis tombée sur une des pires traductions imaginables. Pour bien instaler vos ourlets de rideaux vous avez maintenant accès à une "outil d'instalation de bourlets". Pouaaaaaaaaaaaaaah! J'ai failli faire pipi dans le Canadian Tire d'érable à force de rire!

Malheureusement, je n'ai pas trouvée d'outil de DÉSinstalation de bourlets... Pourtant, me semble que ça se vendrait bien!

jeudi 20 septembre 2007

Premiers pas sur une autre planète

Maintenant 21 jours dans cette nouvelle ville/région métropolitaine (moins deux jours à Val-d'Or le week-end passé...). Nouvelle ville, nouvel appartement, nouveau climat, nouvelle proximité avec l'Ontario (omniprésente, l'Ontario), nouvelles occupation... Impressions en flashes, comme ça me vient, un peu pour me refaire la main sur ce blogue, le réintroduire dans notre routine...

* On vit dans un secteur de Hull qui semble dater du début du 20e siècle, genre le Plateau Mont-Royal à Montréal, le vieux Shawinigan, Sainte-Cécile à Trois-Rivières... Y' a certaines maisons d'une architecture que ne n'ai jamais vue ailleurs au Québec. Y'a aussi, meublant l'horizon, ces merveilles du génie humaine que sont l'ensemble immobilier du Portage et celui des Terrasses de la Chaudière. L'équivalent d'un poulailler industriel, mais pour des fonctionnaires (un fonctionnailler?). Quand on ouvre la fenêtre de notre chambre, on peut presque toucher du doigt les Terrasses. Pittoresque.

* Notre appart est sympathique, mais vraiment pas ISO Marc (désolé buddy). Moi-même je me cogne à plein de places, et puis ça manque de rangement tout ça. Mais ça a de la gueule, y'a du bois franc, de la céramique dans la cuisine, et des électroménager qui consomment peu d'énergie (parce que j'essaie de ne pas m'en servir, rapport qu'on a payé 150$ pour les trois et qu'on s'est fait fou**er d'environ 100$... J'en reparlerai...). Par contre c'est bien situé, et quand les jeunes filles d'en haut slaquent la musique, c'est fort tranquille. Dans un rayon acceptable de chez nous (10 min de marche), y'a une boulangerie portugaise, un dépanneur latino ("Los Andes"), une épicerie asiatique, un marché européen (un peu vague n'est-ce pas, "européen"?), un Tigre Géant, plusieurs petits bars qui semblent fort sympathiques.

* Nouveau climat: tellement de brume le matin, ce week-end, qu'on ne voyait pas de l'autre côté de la rue... Il fait également un peu plus chaud que dans le Nord-Ouest québécois...

* Ai rencontré une dame travaillant dans un café. On jase un peu de la température, je lui dit que je n'ai pas passé l'été ici mais en Abitibi, elle me dit qu'elle vient de là, pour qu'on se rende compte que sa soeur a travaillé avec ma mère et son neveu avec mon frère... Si les gens de l'Abitibi et les exilés se donnaient la main, on pourrait vraiment prendre le contrôle de l'humanité: on est partout et patenteux (est-ce que ça prend d'autre chose?).

*L'Ontario est partout: dans les médias, sur les plaques de char, les panneaux de signalisation, la publicité, la face des gens, notre destination matinale... particulier...

* Je fais du ménage à peu près quotidiennement (des fois, je me fais penser à ma mère!!), prend des marches d'une bonne heure aux deux jours avec BoBo, et m'apprête à écrire un peu plus souvent. On a aussi toutes sortes de nouveaux morceaux d'ordi. Cool!

Allez. À plus tard.

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