vendredi 19 novembre 2010

{Ce moment}

{ce moment} est un rituel du vendredi initié tout d'abord par Soule mama puis au Québec parM comme Maman. Il s'agit de mettre une photo sur son blog, une seule photo - aucun mot - qui capture un moment précieux de la semaine qui se termine. Un moment magique que nous désirons savourer et partager.

Je triche un peu pour dire que nous avons la chance d'avoir une amie qui est aussi une excellente photographe et qui, cet automne, a accepté de venir passer un après-midi avec nous dans un champ de citrouilles/vignoble. Ce fut une vraie belle journée d'octobre, et même si on a pas encore reçu les photos, je sens qu'on va en garder de beaux souvenirs.

mercredi 17 novembre 2010

41 semaines et un jour... puis deux

Texte en deux temps en deux émotions

41 semaines et un jour: Je sais, il faut savoir lâcher prise, ne plus y penser et laisser les choses aller, mais j'y arrive difficilement. Je capote un peu de voir le peu pas de résultats que mes efforts ont donné: effacement à 75%, dilatation à zéro. Zéro comme dans rien pantoute, sweet fuck all, nada...

Donc maintenant je ne fais plus rien pour provoquer les choses, même pas y penser (en tout cas c'est ce que je vais essayer de faire). Fuck off! Y veut pas sortir, ben tant pis, qu'il reste au chaud!

Sauf que ça me vire à l'envers, je sais que si je n'accouche pas genre drette là (quasi littéralement) ça va vouloir dire que je ne connaîtrai jamais ce que c'est que de donner la vie, que d'avoir des contractions, que de voir son enfant naître au bout de plusieurs heures de travail, que...

Je sais aussi (je me connais trop bien) que je vais m'en vouloir, pour ci et pour ça, que je vais me trouver moins femme, que je vais toujours me demander ce que c'est et que je vais m'épuiser avec mes questions.

41 semaines et deux jours: Pour la première fois ce matin, j'ouvre les yeux sans être trop déçue de ne pas me faire réveiller par des douleurs atroces. Je me suis seulement réveillée avec l'idée de passer du bon temps à trois, nos derniers moments à trois. On est donc allés déjeuner, puis faire quelques achats, puis faire une longue balade (à un bon rythme) de deux heures sur le Mont-Royal, en utilisant - au péril de mon équilibre et de la propreté de mes bottes - plusieurs sentiers non-balisés, puis on est allés dîner et se bourrer la fraise dans le chocolat. Ça n'a provoqué aucun changement en moi, outre le fait de me sentir bien, d'oublier et de prendre du temps pour être avec mon fils et mon chum, juste nous trois, comme avant. Alors, au diable (je dis ça aujourd'hui, mais sais très bien que je ne le penserai plus demain et les jours suivants) l'accouchement: s'il faut que je subisse une césarienne, eh bien césarienne il y aura, parce que c'est comme ça et que je n'y peux rien.

Et le prochain qui me dit que j'ai du pouvoir sur les glandes surrénales foetales (parce que c'est ça qui déclenche un accouchement, foi de mon gynéco, pas le fait de faire l'amour, laver les planchers, manger des ananas, se faire pendre par les pieds, sauter à cloche pieds trois fois à gauche puis sept fois à droite en hurlant "tu enfanteras dans la douleur disait le bon yeu" ou autre patente), bref le prochain, il aura mon pied au cul! Et je mords celui qui ajoute que c'est parce que mon chum est toujours en retard que le fruit de ses entrailles l'est aussi. C'est-tu clair?

Ça doit être ça, l'énergie du désespoir!

mardi 16 novembre 2010

"Point form" de fin de grossesse

  • Je suis à 41 semaines aujourd'hui..., ce qui veut dire que selon ma date prévue d'accouchement (celle donnée lors de l'écho de 14 semaines), je suis en retard d'une semaine. Ce qui veut aussi dire que tout le monde autour de moi s'impatiente, panique et met un peu de pression. Tout le monde sauf le bébé! Ce qui veut aussi dire que je commence à en avoir mon truck d'entendre les "T'as pas encore accouché!", "Pis?", "Pas de changement?", "Ça s'en vient-tu?" etc.
  • Ça fait un mois qu'on est à Montréal, qu'on vit en apesanteur au dessus de la vraie vie. C'est pas désagréable d'avoir du temps en famille: on se repose, on profite de la ville... On le faisait plus au début, mais on en profite quand même: sorties, magasinage, restos exotiques, faire les boutiques, croissants frais le matin, marché bio... Bref, on revit nos années collégiales, mais avec un peu plus de sous!
  • Les médecins de Montréal sont comme ceux des régions! Mon gynéco est sympa, un peu vieillot, mais rigolo, sauf qu'il est un peu à cheval sur ma date... il ne me reste donc que quelques jours pour expulser ce bébé avant qu'il n'aille le chercher lui-même. Mon neurochirurgien, lui, se fait prendre pour un dieu puisque tout le monde l'appelle pour lui demander de vérifier, double vérifier et contre vérifier si tout est beau pour moi, ce qui fait que je me promène avec la plus drôle des prescriptions dans ma sacoche.
"Cette femme peut accoucher naturellement. Cette femme peut avoir la péridurale ou tout autre anesthésie. Elle connait les risques reliés à ces interventions, risques que je juge très faibles"
  • Les anesthésistes sont officiellement les médecins les plus chicken de la profession! Ceux de mon hôpital veulent absolument me faire une péridurale préventive, c'est à dire me mettre un cathéter dans le dos dès mon arrivée à l'hôpital, sans pour autant m'y injecter d'analgésique... juste au cas! Ils veulent le faire tôt pour s'assurer que mes contractions ne seront pas trop fortes, que je ne bougerai pas trop et que ce soit plus facile, donc moins risqué pour eux. C'est tellement gros leur histoire que je me dis qu'ils devraient faire des péridurales préventives à toutes les petites filles en âge de procréer... juste au cas où un jour elles la demandent. Oui je sais, je suis de mauvaise foi! Selon mon neuro, c'est parce qu'ils ne sont pas habitués de dealer avec vrais problèmes qu'ils pensent ainsi... j'ai aussi découvert que les chirurgiens parlent des anesthésistes en les appelant les endormeurs... ça en dit long!
  • Afin de meubler mon attente, je fais plein de chose pour m'aider à accoucher... par contre y'a rien qui ne semble fonctionner: acuponcture, huile d'onagre, "injection" de prostaglandine (...), longues marches, points de pression, repos, parler à mon bébé, prendre des bains chauds, rencontres avec une accompagnante à la naissance (QUI se trouve une accompagnante à 40 semaines, hein, QUI???), écouter des films sur l'accouchement, lire, méditer, me sentir tout près de Rachel Green en hurlant à la progéniture de sortir, bref je fais tout sauf laver les planchers à quatre pattes... je ne peux pas me résoudre de laver les planchers de quelqu'un d'autre qui de toute manière ne reviendra pas chez lui avant que lesdits planchers soient vraiment sales.
  • Pourtant, malgré tout ça je ne peux pas dire que je suis écoeurée d'être enceinte! Il est vrai que c'est pas évident de mettre mes bottes, de ramasser quelque chose que j'échappe sur le plancher ou de me relever du divan trop mou, mais comme mon chum est en congé je m'en sers à tout vents. Je ne me sens pas lourde (quoique je le suis), j'aime bien être enceinte, mais j'ai vraiment hâte de voir cette petite bête qui réside en moi... j'ai surtout vraiment peur d'atteindre la date de la césarienne. J'ai pas envie de revivre ça, j'ai pas envie de ne pas connaître ce que c'est d'accoucher, j'ai pas envie de m'assurer des césariennes pour le restant de mes jours! Bref, plus le temps passe, plus j'ai la chienne de faire tout ça pour rien et d'être condamnée à me présenter un beau matin aux aurores à la salle d'opération pour en ressortir avec mon poupon.
Voilà, ça ressemble à ça! Moi qui croyais que ce séjour de congé m'aurait permis d'écrire plus sur ce blogue, on dirait que ç'a été tout à fait le contraire et que les vacances m'ont rendues virtuellement muette.

samedi 23 octobre 2010

Faire des listes

On m'a souvent dit qu'une des meilleures façons d'organiser sa pensée et ses activités est de faire des listes. J'ai donc tenté l'expérience cet été (et ça s'est prolongé jusqu'à l'automne) avec tout ce qu'il y avait à faire dans la maison et dans la cour. Résultat: je ne crois pas en avoir fait plus que si je n'avais pas eu de liste, et ça met beaucoup plus en évidence tout ce qu'on n'a pas eu le temps de faire, ce qui est plutôt gênant.
  • Tondre la pelouse
  • Acheter un meuble lavabo pour la salle-d'eau
  • Refaire toute la salle-d'eau
  • Retaper le meuble de la salle de bain
  • Peinturer la salle à dîner et y poser le lambris
  • Plâtrer les trous dans le corridor et le tambour
  • Peinturer les corridors et l'entrée
  • Poser la tapisserie dans l'entrée
  • Isoler le tambour
  • Peinturer et installer la chambre d'amis
  • Peinturer et installer la chambre d'écrevisse
  • Monter le buffet
  • Vernir les meubles de patio
  • Faire un rond de feu et ramasser les pierres
  • Poser les soffites
  • Refaire la galerie
  • Faire l'aménagement extérieur
  • Aller chercher le piano
  • Poser les moulures dans la chambre de Bobo
  • Prendre une photo de famille d'été et d'automne
  • Acheter siège d'auto pour bébé2
  • Changer les photos dans les cadres sur le manteau de la cheminée
  • Arranger l'ordinateur
  • Faire une couronne d'été
  • Acheter des jardinières
  • Ouvrir l'arrière du garage
  • Se débarrasser des vieux gallons de peinture
  • Laver le chien
  • Couper les chardons
  • Ramasser les framboises
  • Acheter et poser deux miroirs
  • Poser les trois cadres dans notre chambre
  • Réparer les fissures dans la douche
  • Défaire la trampoline
  • Ramasser les jouets et les chaises à l'extérieur pour l'automne
  • Fermer la sortie d'eau extérieure pour l'hiver
  • etc.
Bref, les listes, c'est peut-être pas pour moi!

vendredi 22 octobre 2010

C'est officiel: j'ai la poisse!

Nous sommes finalement à Montréal depuis presque deux semaines et déjà les choses se bousculent. Si le but de ce séjour est de se rapprocher des hôpitaux, jamais je ne pensais m'en rapprocher autant. Moins de 48 heures après notre arrivée, voilà que je rentabilise ma carte d'hôpital. J'ai finalement eu la chance de rencontrer le gynécologue qui assure mon suivi jeudi de la semaine dernière en début d'après-midi, pour le revoir en pleine nuit quelques heures plus tard.

Jeudi en fin de soirée, suite au spectacles de trois amis, trois autres amis et moi décisons d'aller souper car malgré l'heure tardive on a l'estomac dans les talons. Quelques coins de rues plus loin: BANG! On fait la rencontre d'un énergumène qui connait moins ses couleurs que Bobo et qui contrairement à mon fils ne sait pas qu'il faut s'arrêter à un feu rouge. Heureusement (pour moi) l'impact a eu lieu du côté du conducteur (j'étais à l'arrière, côté passager), mais il a été si fort qu'on s'est retrouvés sur le trottoir, que deux des portières ne fonctionnaient plus et que la voiture a été déclarée perte totale (pauvre Yoda, elle est ainsi morte de sa belle mort). Plusieurs minutes d'attente, tous debouts à l'extérieur, sous le choc, à discuter avec les secours, disant qu'on pense se sentir bien pour finalement (près d'une heure plus tard) accepter la balade en limousine jaune.

La conductrice, qui s'est cogné la tête, est emmenée vers l'hôpital le plus près par mesure préventive; elle obtiendra son congé quelques heures plus tard avec quelques antidouleurs en prime, rien de grave heureusement. Dans mon cas, on m'envoie vers l'hôpital qui fait mon suivi de grossesse, bien attachée son mon brancard, le cou encarcané, et la balade en ambulance me vire l'estomac à l'envers. Surtout avec l'odeur qui émane des deux ambulanciers: le parfum cheap pour l'un et l'abus plus que certain de cigarettes pour l'autre. J'ai plus mal au coeur que n'importe où dans le corps! C'est finalement au moment où l'on m'attache sur la planche dorsale que je sens enfin mon bébé bouger; c'est aussi à ce moment que je sais qu'il va bien. À l'hôpital, entendre le coeur du bébé me rassure. On m'envoit ensuite à l'urgence pour s'assurer que je n'ai rien. Verdict: Douleurs musculaires et possiblement le nerf sciatique de coincé (comme c'est souvent le cas en fin de journée depuis quelques jours)! Retour en néonatalité, pour monitoré le coeur du bébé et voir si j'ai des contractions, pendant 24 pour s'assurer que l'impact n'aura pas fait décoller le placenta. Finalement, on me donne mon congé au bout de 18 heures puisque tout va bien. J'ai ainsi pu tester les services de l'hôpital avant d'en avoir vraiment besoin (les salles d'accouchement sont jolies, calmes et spacieuses; les infirmières sympas et nous laissent quand même dormir (on était moi et Bobo collés dans un lit et Péha dans un autre); la bouffe est correct, sans plus; les toast sont mouillées...), tout ça en me sauvant 10$ puisque j'ai lu par la suite que c'est le coût d'une visite de la salle d'accouchement pour un couple. Yé! On pourra s'acheter un CD de plus!

C'est évident que quand cet enfant viendra au monde, je vais devoir lui dire qu'il en a vécu, des péripéties in-utero.

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