jeudi 31 juillet 2008

Rien qu'une mère?

Je discutais il y a quelques jours avec un ami que je n'avais pas vu depuis quelque temps. On parlait de tout et de rien, de nos familles, nos emplois et du monde qu'on connaît. Il s'est mis a me parler d'un autre couple d'amis, du fait que l'homme parlait toujours de ses rénos et que la femme n'avait comme sujet de conversation que sa progéniture. Cette phrase m'a emmenée à réfléchir sur la perception des gens face à moi. Depuis que B. est né, est-ce que je ne suis que sa mère?

C'est vrai que sur ce blogue, mon sujet de prédilection est sans contredit ma vie de maman et les "exploits" de mon fiston, mais est-ce le cas dans la vie de tous les jours? Je n'ai pas honte de la mère que je suis devenue, mais je ne voudrais pas me définir que par ça. J'ai trop longtemps été que la fille de Monsieur J. ou la blonde de Péha, je ne veux absolument pas devenir la mère de B. et rien d'autre. C'est important pour moi d'avoir ma place à moi, de pouvoir me définir par mes actions, mes opinions ou mes fonctions. J'ai longtemps combattu pour qu'on ne me perçoive pas que comme la fille de mon père (pas facile d'avoir un papa qui en mène large), que je réclame maintenant ma place au soleil. 

J'ai peur que ma maternité me définisse maintenant complètement. J'aime mon nouveau rôle, j'aime être une maman, mais je veux aussi exister en dehors de cette fonction. J'ai peur que cet ami pense la même chose de moi, et que d'autres amis pensent ainsi de surcroît. Vivement que les vacances finissent (wô! je délire tout de même un peu) pour que je me retrouve d'autres définitions, d'autres intérêts, d'autres buts. La maternité aura sans doute toujours une place de choix dans mes préoccupations, mais j'aimerais ne pas devenir unidimensionnelle. Ne pas ressembler à ces mères qui n'ont comme seuls sujets de préoccupation leurs enfants, leur maisonnette et leur ménage. J'aspire à être une personne qui s'épanouit sur plusieurs plans! 

Ce texte n'est pas un jugement face aux mères au foyer; au contraire, je les envie souvent. J'ai juste peur qu'à ne côtoyer que mon fils, ma vie n'en vienne à ne tourner qu'autour de lui.

12 commentaires:

Symbari a dit...

Je ressemble sûrement à cette maman, qui n'a d'autre sujet de conversation que sa progéniture...je l'avoue!
Non, mais, c'est quand-même difficile quand tu passes 100% du temps avec tes enfants, à faire de la popotte, du ménage, du lavage, des jeux, des sorties d'enfants, etc... de penser à plein d'autres choses. Pas que j'ai pas d'autres intérêts, au contraire, mais il certain que nos gars se retrouvent comme étant le centre de notre vieen ce moment, c'est un choix qu'on a fait et qu'on assume pleinement! D'ailleurs, je préfère n'être "rien qu'une mère" (mais une mosusse de bonne!) que d'être celle qui laisse ses enfants plus de 40hrs/semaine en garderie et qui vit la grosse vie jet-set les week-ends, en faisant encore garder les enfants, mais qui a une vie bien remplie en dehors de ses bambins! Tout est question de choix, et si les amis qui n'ont pas encore d'enfant nous trouve plate d'être aussi gaga...ben leur tour viendra!

Mynaï a dit...

C'est une réflexion qui m'avait énormément travaillée lorsque j'ai fait le choix de rester à la maison avec mon fils... Et tu utilises exactement le même mot sous lequel j'avais englobé toutes mes peurs: 'unidimensionnelle'. J'avais (et j'ai parfois encore) peur de devenir fade à force de ne vivre qu'avec et pour mon fils. Mais finalement, je suis convaincue qu'être une femme avec ses intérêts et sa personnalité, son unicité quoi!, n'est pas incompatible avec le fait d'être maman. C'est normal que l'enfant devienne le centre de notre univers, mais ça l'est peut-être un peu moins que notre univers se limite à notre progéniture... pas éternellement du moins. Et pour ce qui en est du 'à la maison' c'est peut-être seulement un facteur de risque supplémentaire... Mais je connais des mamans qui ont une vie extérieure 'active', mais qui n'en parlent jamais, l'éclipsant avec les 'exploits' de leurs enfants. Comme il y a aussi des exemples de mamans au foyer qui ont une multitude de centres d'intérêts. Finalament je crois que c'est une question d'équilibre et de tendance à être unidimentionnelle ou pas... On connaît toutes de ces individus qui sans avoir d'enfants ne parlent toujours que de leur chum / job / passion pour les grenouilles vertes de Papouasie!

Joa a dit...

Je suis d'accord avec Mynaî. Mes enfants sont jeunes et je suis à la maison avec eux pour le moment, mais je ne pense pas que pour autant que je ne suis «qu'une mère», «plate» de surcroît! Peut-être que je le suis selon certains parce que je n'ai pas de travail, ne vois pas mille spectacles et ne fait pas mille sorties, mais je m'en fou! Je suis ouverte, informée, drôle et je peux parler d'un tas de choses qui excluent mes enfants. Et plus tard, quand mes enfants auront grandit et auront moins besoin de moi, je pourrai «être» étudiante en ceci ou travailleuse en cela, avoir de plus beaux vêtements ou voyager, mais je doute que cela fera de moi une personne plus intéressante.

Anonyme a dit...

Tu m'étonne un peu avec ce billet : il n'y a qu'à te lire régulièrement pour constater que tes intérêts, réflexions, préoccupations sont, oui, majoritairement tournées vers la maternité mais demeurent tout de même très diversifiées! On sent très souvent, à travers la maman, la fille intéressée par le monde autour d'elle, qui s'enflamme ou s'emporte, qui milite, dénonce ou encore construit et développe. Du moins, c'est ma perception... de fille qui partagera probablement tes craintes un jour!
Ariane xx

a dit...

Symbari, Mynaï et Joa: Selon vos écrits et ce que je connais de vous, je peux dire que pour moi vous êtes loin d'être des mamans mono-sujet.

Mon billet se voulait plus une interrogation sur ce que je projette en tant que nouvelle maman qu'un débat sur les mères au foyer, les travaillantes et les garderies. Je crois sincèrement qu'on peut être maman, travailler 40h/semaine et n'avoir d'autre sujet de conversation que ses enfants. Ou comme disais Mynaï n'avoir pas d'enfants, mais ne parler que d'une seule chose: le hockey, le scapbooking, le parapente ou la lutte olympique. J'ai juste peur de ne me définir que par et pour mon fils, pas que ce serait mal, mais j'ai ce besoin de me diversifier.

J'ai reparlé à cet ami, celui du billet, de ce que j'avais écrit ici et il m'a clairement fait comprendre que je m'en fais vraiment trop pour rien et que dans le fond je suis encore une personne a part entière avec plusieurs champs d'intérêt.

Ariane: Merci pour ce mot, je le trouve très touchant, surtout venant de quelqu'un d'aussi impliquée que toi. C'est mon boost de la journée!

Mynaï a dit...

J'ai lu quelque part que tu croyais avoir blessées certaines avec ton billet... J'espère que tu ne crois pas que je fais partie de celles-là! (Sinon je me suis drôlement mal exprimée dans mon commentaire! ;) )

Ton billet n'était pas blessant, mais pas du tout! En tous les cas, pas de ce que j'en ai perçu! C'est vraiment ta réflexion que j'y ai saisie et qui m'a interprellée, pas parce que je me suis sentie visée, mais plutôt concernée... dans le sens que je vois ça comme une peur normale, que j'ai moi aussi eu et ai encore parfois!

a dit...

Mynaï: Je ne visais pas ton commentaire en particulier. J'ai juste senti (dans l'ensemble) que le sujet aurait pu glisser et que la glace était mince. De plus, mon chum m'avait mise en garde avant de publier ce message, il croyait que je pourrais en offusquer quelques unes, j'imagine que j'étais donc plus à l'écoute des sous-entendus. Alors tant mieux si le ton était respectueux et merci de t'avoir inquiété de mes interprétations, ça démontre une grande humanité chez toi.

Joa a dit...

Comme Mynaï, je n'ai pas été choquée par ton billet au contraire, j'ai été interpellée par ton interrogation. J'ai choisi de parler de moi car cela me semblait la meilleure façon d'aborder le sujet. En fait, mon commentaire exprimait le résultat de ma propre réflexion sur le sujet et le but recherché était de te rassurer. Mon objectif est peut-être raté? Je ne suis pas aussi bonne communicatrice que toi ;)

Symbari a dit...

C'est vrai ce que dit Mynaï, ton billet n'avait absolument rien de blessant, je pense que toute maman accomplie se pose tôt ou tard ces questions-là...et que c'est tout à fait normal!
Et c'est aussi nécessaire pour B. que toute ta vie ne repose pas juste sur ses épaules à lui, l'inverse serait un peu malsain.
Mais moi je peux te dire en toute honnêteté que oui, je me suis sentie visée!!! Parce que je me pose chaque jour toutes ces questions dont tu traites dans ton billet, et qu'il n'est pas nécessairement facile d'être une bonne maman (en particulier quand le nombre de bébés augmente) sans pour autant s'oublier...et qu'il faut apprendre à dealer avec ça,sans se faire de l'ombre, ni en faire à notre famille, méchant beau défi! Trouver l'équilibre...

Je le sais au fond, je ne suis vraiment pas unidimensionnelle, mais de (peut-être)le paraître aux yeux de certains me fait encore un peu schnoute...

Et en ce qui te concerne, permet-moi de te lever mon chapeau ma chère, à te voir aussi impliquée et passionnée, je ne suis pas tellement inquiète pour toi! Ce billet en aura fait jaser en tout cas!!!

a dit...

J'imagine que je m'exprime mieux chez moi que chez les autre (et que la blogosphère est très petite). En réalité aucun des commentaires ici ne ma blessé, je les prend vraiment comme des expériences partagées par l'une et l'autre et c'est ce que j'aime le plus dans le fait de bloguer. J'imagine que mes craintes étaient grandes sachant que le sujet pouvait être délicat. J'avais peur qu'en écrivant certaines choses je me mette les mères au foyer à dos, je suis heureuse de voir que ce n'est pas le cas, parce que parfois j'envie beaucoup ce choix qu'elles ont fait.

Finalement, merci pour le beau compliment à la toute fin, ça me touche beaucoup. Vraiment!

a dit...

Symbari: Je suis bien désolée que tu te sois sentie visée, Péha m'avait averti que tu te sentirais sûrement désignée par les propos, mais ce n'était pas le cas, il ne s'agissait que de moi. Comme le commentaire de départ vient d'un ami commun, je me suis permise de lui parler de ta réponse. Il m'a affirmé que toi non plus tu n'étais pas unidimensionelle, que tes discusions parlaient certe de tes fils, mais aussi de bien d'autres choses.

Nous voilà, ainsi toutes deux rassurées. Du moins, je l'espère.

Symbari a dit...

Oui,oui, ne t'inquiètes pas!!

Comme nous sommes ET dans les rénos, ET dans les multiples bébés, il se peut bien que notre bonheur soit si grand qu'on a envie de le crier sur les toits! On réalise le rêve de notre vie après tout...!

Ne vous en faites pas, d'ici pas très longtemps je devrais recommencer à vous rabattre les oreilles avec mes histoires de chevaux...à suivre...

Et bonjour à Péha! (qui me size encore assez bien on dirait ;)

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