samedi 8 mai 2010

Et le papa dans tout ça?

Vous avez sans doute lu la lettre ouverte envoyée au Devoir cette semaine et qui parlait du papa d'Éloi (si ce n'est pas déjà fait, courez rapidement la lire, parce que c'est une histoire touchante, bien écrite, mais aussi parce que c'est une petite injustice de notre monde qui est un peu aberrante de nos jours) ou encore l'entrevue que les parents ont accordée le lendemain de la publication à l'émission de Christiane Charette.

Dans ma vie de tous les jours, je m'insurge beaucoup contre les injustices de toutes sortes, mais comme je ne suis ni noire, ni handicapée, ni musulmane, ni pauvre (du moins pas trop), ni lesbienne, les injustices envers les femmes me touchent souvent plus que les autres. Même si je sais que ma réalité est assez reluisante si je la compare à mes coll;egues féminines de par le monde ou à celle de mes prédécesseures, je me considère comme féministe. Féministe dans le sens que je trouve qu'il est important de traiter les deux sexes équitablement, parce que nous sommes presque à parts égales sur cette planète (je sais que ce n'est pas tout à fait exact, mais c'est tout de même pas loin), pas féministe dans le sens que j'ai l'impression que les hommes sont des morrons et que tout nous est dû, donc féministe dans une vision d'équité. Pour moi, cette équité doit être présente pour les deux sexes en tout temps que, ce soit dans les négociations salariales ou dans les activités parentales. Alors oui, ça me désole qu'on reconnaisse une maman, mais pas un papa au petit Éloi.

Pourtant, c'est souvent - trop souvent - quand il est questions de parentalité que ce genre d'injustice persiste. Le milieu de la natalité, de la périnatalité et de la grossesse est malheureusement un endroit que je trouve fort sexiste. Il est vrai que la grossesse est vécue de façon plus participative par la mère, mais pas nécessairement de manière plus intense. Tous les livres, cours et sites d'information que j'ai trouvés sur le sujet semblent cibler les mères. Peut-être qu'il y a plus de mamans à la maison, que le congé parental est plus souvent pris par la mère, qu'on parle plus souvent d'instinct maternel et de mère poule et blablabla, mais c'est pas en agissant ainsi que les choses risquent de changer. Les pères qui décident d'être papa à temps plein ont peu de ressources à leur portée. Pourtant, dans mon entourage du moins, les pères s'impliquent de plus en plus dans la vie familiale.

Combien de fois j'ai entendu des "tu peux pas savoir comment t'es chanceuse d'avoir un chum qui change les couches/donne le bain/fait l'épicerie... (name it!)"? Bien que je sois contente que mon chum fasse tout ça, je ne me considère pas comme chanceuse. Pour moi, avoir un ou des enfants est une histoire de couple (dans la majeure partie des cas du moins), c'est une vie que nous avons choisie à deux en pesant les pours et les contres avant de lenous embarquer. Mon fils n'est pas seulement mon fils, mais il est aussi celui de son papa, donc il va de soi qu'il soit AUTANT impliqué que moi dans cette aventure. Le contraire me déplairait royalement; en fait si mon chum était ce genre de gars qui ne laisse la vie maternelle qu'aux mamans pour se garder que les bons moments pour lui, il ne serait certainement pas le père de mes enfants. Bref, oui je suis chanceuse, parce que c'est pas tous les gars qui sont comme lui, mais dans ma réalité c'est aussi ce qui est la norme. Puis pour que les papas prennent leur place, il faut parfois que les mamans leur laissent un peu d'espace... mais ça c'est une toute autre histoire.

Tant qu'à parler féminisme et maternité, voici une autre chose qui m'énarve. Dans la littérature française, mon (notre) style de parentage (allaitement prolongé, co-dodo, portage...) se décrit comme étant du maternage tandis qu'en anglais ce même style de vie est appelé Attachment partenting. Belle dichotomie! J'aime cette vision anglophone de la chose, car il s'agit bel et bien (ici du moins) du lien d'attachement entre les parents et l'enfant, du travail effectué pour créer ce lien, et non seulement d'une relation mère-enfant. Alors faudrait-il dire "l'attachement parental"? Je trouve personnellement qu'une telle expression dénote l'attachement du parent envers l'enfant et non l'inverse, ce qui ne décrit pas nécessairement toute la réalité. Ou encore le parentage? Ce n'est pas très joli! Je n'ai pas de réponse, mais chaque fois que je lis sur le maternage, je suis un peu triste de voir qu'on laisse les papas de côté.

Bref, s'il faut être deux pour faire un enfant, je crois qu'il faut être deux pour l'élever et participer à son développement.

Fin de "l'insurgement"... du moins pour aujourd'hui!

2 commentaires:

Bisbille 101 a dit...

Merci pour ce très beau témoignage qui m'a ému jusqu'aux larmes. Voici ma réaction expédiée au Devoir qui ne sera probablement jamais publiée. Je vous l'offre en prime !

S'il est pénible pour un parent d'avoir à enterrer un enfant, il est encore plus difficile de faire le deuil de ses enfants toujours vivants. C'est pourtant ce que doivent se résigner à faire des milliers de Papas chaque année au Québec suite à de ridicules jugements de bureaucrates rendus par des bouffons en toge de juge nommés sur le banc davantage en fonction de leurs accointances politiques que la rigueur de leur jugement.

Voilà pourtant le résultat de 30 ans de féminisme revanchard dont il n'y a pas lieu d'être fier d'autant plus qu'à coup de mensonges et de propagandes, les protagonistes de cette idéologie surannée sont parvenus à corrompre les institutions de cette société, à commencer par le judiciaire. Lorsque la justice est au service d'une idéologie, nous entrons alors dans le domaine peu fréquentable de la tyrannie.

Un grand ménage s'impose au sein de cette institution afin de rétablir un peu d'ordre ici bas. Le départ prévisible de JJ Charest et ses 40 voleurs devrait être l'occasion de procéder à une reforme complète du ministère de la justice afin d'éliminer les gens qui gravitent dans son orbite tout en étant membre du crime organisé. En premier lieu, tous les petits juges fripons issus des nominations partisanes de JJ Charest devraient être démis de leur poste qui n'a rien d'honorable...

Petit Mouton on Etsy a dit...

Merci d'avoir ecrit ce billet.

Bien que cela n'aie rien a voir avec la tragedie des parents d'Eloi, on s'y butte souvent. Combien de fois nous sommes dans un endroit public, et que sans y penser mon chum parte pour aller changer la toute petite. Sans avoir fait de compte exact, je dirais que la moitie des fois il revient bredouille parce que les toilettes de gars n'ont pas nulle part pour la changer. Ni table a langer, ni meme de petit bout de comptoir.

Je prends pour acquis moi aussi que c'est la norme d'avoir un conjoint impliqué, mais je viens a la realisation que bein non. Meme en 2010, c'est encore "normal" que maman se leve pour faire la navette entre 2 enfants la nuit, pendant que son chum ronfle. Qu'un voisin nouveau papa nous dise sans aucune gene qu'il dort bien alors que sa femme est a terre.

Combien de peres disent qu'ils "gardent" /"babysit" encore en parlant de leurs propres enfants? J'entends ca regulierement.

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