vendredi 23 mars 2007

Mariages père-fille

D’un côté y’a l’hyper sexualisation des jeunes filles et de l’autre y’a les bals de pureté. J’aime bien l’idée de pouvoir avoir un lien entre père et fille, d’avoir une occasion pour parler d’une sexualité saine avec ses enfants, mais y’a tout de même des limites.

« La vogue des «bals de pureté» se répand aux États-Unis au sein du mouvement chrétien conservateur où des petites filles s'engagent auprès de leur père à préserver leur virginité jusqu'à leur mariage. […] Des petites filles, âgées parfois de neuf ans seulement, font ainsi, devant leur père, voeu de virginité jusqu'à leur mariage. En échange, ce dernier promet de ne pas tromper leur mère et de garder l'âme pure. »

Quel retour en arrière ! Allez belle jeunesse mariez-vous comme nos grand-mères le faisaient : pour connaître le gros méchant sexe !

La découverte de la sexualité est une partie importante du développement de l’adolescent. Par contre, c’est aux parents à aider leurs jeunes à bien évoluer dans ces apprentissages. Trop souvent les jeunes sont laissés à eux-mêmes dans ces découvertes et c'est alors qu'en découlent certains abus.

Et puis, comment se fait-il qu’il n’y ait pas de bal de pureté pour les petits gars ? C’est quoi ce double standard ? Un gars peut expérimenter à sa guise, mais pitié!, gardez nos filles « propres et pures »! La droite chrétienne américaine se ferme les yeux en pensant que de telles cérémonies (qui encore une fois coûtent les yeux de la tête) vont restreindre les pulsions de leurs filles. Ceci est complètement en marge de ce qui se passe réellement dans les écoles. Et puis, y’a un petit quelque chose de malsain, un peu oedipien, dans le fait de marier la fille à son père...

J’ai honte!

Par respect de NOS soi-disant valeurs politiques, religieuses et libérales, on s’en prend à l’essence même de ce qui fait de nous une nation digne de ce nom. C’est inconcevable dans un pays qui se dit démocratique que le directeur général des élections reçoive des menaces pour une question d’accommodements raisonnables. Et bien sûr, ses détracteurs ont gagné!

Ce n'est certainement pas une question facile: doit-on laisser les femmes qui portent le niqab voter lundi prochain sans avoir à se dévoiler le visage? Afin de respecter le processus électoral, possiblement pas, mais est-ce que cette histoire (qui rappelons-le touche une infime minorité de femmes québécoises… moins de 30 si je ne me trompe) mérite tout ce tapage? Mérite que l’autorité supérieure de notre système démocratique en temps électoral doive se munir de gardes du corps? Et puis toutes ces histoires de gens qui prévoyaient se rendre au bureau électoral accoutrés de masques et de divers costumes pour manifester leur mécontentement face à certains « avantages » que certaines minorités reçoivent fait de nous une société en mal d’égalité et surtout sur le bord d’un débordement de ridicule. Ça nous donne des allures de gros bébés qui veulent absolument avoir le même joujou que leurs voisins. La peur d’être lésés nous fait faire de telles choses! Et c’est de ça que j’ai honte.

C’est aussi ce genre d’histoire qui me fait réfléchir au monde dans lequel je vais mettre au monde ma crevette. C’est tellement pas la société que j’aurais voulu qu’elle rencontre. Mes grands idéaux de tolérance, d’ouverture, de découverte et de respect en prennent tout un coup! J’imagine qu’il en sera à nous d’être encore plus vigilants face à l’éducation que nous allons lui apporter.

Vivement une commission qui viendra proposer des solutions aux cancers qui rongent en ce moment notre société. Quelle est-elle? Je ne sais trop. J’aimerais croire qu’on puisse tous vivre en harmonie en acceptant les différences comme des "plus-value" à notre culture, comme une étape du développement de notre identité sociétaire, mais c’est sûrement trop demander parce que chaque groupe se dit brimé dans ses droits. Ils font quoi les autres pays?

jeudi 22 mars 2007

Marchons pour éliminer le racisme

Encore une fois je n'ai pu participer à la marche pour l'élimination de la discrimination raciale et pourtant j'aurais telllement aimé ça.

Même si la marche a été un grand succès, j'étais déçue de voir dans les médias ce que les jeunes en avaient retenu. Cette marche regroupe plusieurs écoles de la ville, organismes et communautés culturelles. Il va sans dire qu'on n'est pas à Montréal, donc nos réalités culturelles sont principalement liées aux échanges que nous avons avec les autochtones. Pourtant, hier au bulletin télé deux petites filles parlaient de "ces noirs qui sont comme nous". En fait, tous les enfants intérrogés ont parlé de leur non-haine pour les noirs. Pourtant, ces noirs ne sont pas vraiment présents en région. Est-ce que c'est les enseignants qui ont mal préparé leurs élèves à cette marche en ne leur parlant pas des vraies victimes du racisme chez nous (les autochtones) ou bien ce sont les médias qui encore une fois sont passés à côté de la vraie question?

C'était un petit pas, mais il va malheureusement falloir marcher encore longtemps pour arriver au bout de la route des innégalités et de l'incompréhension.

Voici un article publié sur le site d'actualités témiscabitibiennes le Webdiffuseur (www.webdiffuseur.qc.ca/actualites.asp):

Racisme : l'Abitibi a fait du chemin

(François-Olivier Dénommé) 21/03/2007. C'est ce mercredi qu'est célébrée la journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale. À Val-d'Or, cette journée est marquée par une marche pacifique dont le départ sera donné à 13h au Centre d'amitié autochtone.

Il a été beaucoup question de différences culturelles dans les dernières semaines au Québec avec les accomodements raisonnables. La directrice-générale du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, Édith Cloutier, souligne toutefois qu'en Abitibi les efforts de cohabitation sont visibles.

" C'est une marche de solidarité entre les peuples et c'est pour démontrer qu'en Abitibi-Témiscamingue on est fiers de la diversité qu'on a et on veut la célébrer ensemble. Ça fait 20 ans que je milite en faveur des droits et des intérêts des Premières Nations. Je peux dire que le travail n'est pas vain. On voit de beaux résultats, on sent de plus en plus une ouverture", de soutenir Mme Cloutier.

Édith Cloutier s'est aussi dit enchantée de l'accueil réservé au Pavillon des Premières Nations et de la réussite du CPE autochtone-allochtone.

mercredi 7 mars 2007

Un choix heureux?

Ça fait plusieurs semaines que je lis ce livre écrit par une sage-femme, Isabelle Brabant. C'est vraiment bien fait, on y explique très bien les différentes phases de l'accouchement. Le livre m'aide à avoir un peu moins peur, à contrôler mes émotions et à comprendre un peu plus ce qu'il va nous arriver à tous les trois. (Péha le lit aussi, y'a plein de trucs pour l'accompagnant, l'aider à savoir quoi faire, quoi dire dans les circonstances et quand s'effacer).

Mais cette lecture me choque aussi. On passe deux, si ce n’est pas trois chapitre à nous dire qu'il est important de choisir sa maternité, sa sage-femme, sa maison de naissance, son médecin et ses cours prénataux. De choisir ceux qui nous conviennent le plus, ceux qui nous ressemblent le plus, ceux qui sont le plus conformes à nos valeurs. Comment est ce qu'on fait ça? Ici y'a qu'un hôpital, pas de maison des naissances, pas de sage-femme et qu'un seul cours (ennuyeux) prénatal. Ça me fâche de me dire que si j'étais ailleurs les choses se seraient passé autrement.

J'ai tout de même été chanceuse de pouvoir changer de médecin (docteur robot) après le premier rendez-vous. Mon nouveau doc. dit que ça ne se fait pas de se "voler" des patients comme ça! C'est pas du vol, c'est moi qui s'est évadée! Je vais donc m'accommoder de ce qui s'offre à moi, après tout c'est mieux que ce que ma grand-mère a dû endurer dans le fond de son rang. À l'époque, on n’accouchait pas toujours quand on était prête, mais souvent quand le docteur passait par là. Et puis je vais m'accommoder de mes cours plates, j'y apprends tout de même certaines choses (entre autre qu’il faut laver les gencives de bébé!!!!) et ça m’évite de faire plein de lectures qui m'offriraient plus que ce qui est possible en région. Du moins ce sera comme ça pour crevette, on verra pour les autres.....

Photo prise sur le site de Ressources naissances

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